DOLMENS – Le jeu de la mise en terre.

Le projet DOLMENS (Développement et OntoloLogie de MAchines et d’Espaces Numériques pour la Scène) est né de la rencontre entre Thomas Morisset (EnsadLab) et Dimitrios Batras (INReV – Paris 8). Il a pour objectif, dans une démarche de recherche-création, de réfléchir à la nature et aux possibilités des espaces numériques utilisés dans le cadre du spectacle vivant et vise ainsi à créer un ensemble d’outils permettant le développement d’oeuvres qui utilisent le numérique de manière autonome.

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La première étape de ce projet est la réalisation d’une pièce de théâtre « Le jeu de la mise en terre », en partenariat avec la Compagnie du Quart de Siècle, qui alterne scènes physiques traditionnelles et scènes entièrement numériques, durant lesquelles les acteurs et actrices manipulent des avatars.

Le jeu de la mise en terre

Le jeu de la mise en terre est une pièce née de réflexions à la fois techniques et littéraires sur le développement et les possibilités des mondes numériques. Pièce écrite pour deux types de scènes, elle se veut une interrogation sur la nature d’un monde saturé de technologies et sur la manière dont celui-ci informe les individus

Mais pourquoi avoir choisi une thématique mortuaire pour aborder une telle recherche ? Parce que la mort est de prime abord absente de l’univers virtuel : les phénomènes numériques, par leur fluidité, leur immédiateté et l’apparente absence d’entropie dans les univers qu’ils simulent semble échapper à cette réalité de notre condition. Ce n’est que très récemment que des questions pratiques ont commencé à se poser à ce sujet, comme, par exemple, la transmission des mots de passe par héritage ou bien la conservation d’œuvres pionnières dans ces espaces, ainsi les travaux de Chris Marker dans Second Life. Nous entrons dans une ère où les répercussions numériques de la mort vont devenir plus visibles et courantes.

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Cette thématique mortuaire est également un défi puisque c’est par la mort et par la fragilité que se constitue la présence. Par ce terme, nous entendons, dans les arts et particulièrement dans les arts de la scène, cette sorte de grâce qui insuffle de la vie à une œuvre. Pour reprendre les idées d´Yves Bonnefoy, cette qualité n´advient, paradoxalement, qu’en se confrontant sinon à la mort, du moins à la fragilité de nos existences : la beauté d´un spectacle n´advient que sur le fond de la possibilité de la chute, du mouvement qui échoue. Comment alors des mouvements programmés seraient-ils à même de faire jaillir de la présence ? C’est autour de cette contrainte que notre spectacle doit travailler, en inventant un système gestuel propre, inspiré, dans ses intentions, des mouvements ritualisés que l´on peut par exemple trouver dans le théâtre nô. Les avatars, ces corps de pixels dirigés par les acteurs, relèvent alors à la fois du masque et de la marionnette.

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Équipe Dolmens

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Porteurs de projet : Thomas Morisset & Dimitrios Batras

Direction scientifique : François Garnier (EnsadLab)

Équipe Jeu de la mise en terre

Texte et mise en scène : Thomas Morisset

Assistanat à la mise en scène : David Suzanne

Ingénierie en réalité virtuelle : Dimitrios Batras

Scripting (Unity) : Thomas Morisset

Environnement 3D et Conception des avatars : Donatien Aubert (EnsadLab)

Scénographie : Marion de Villechabrolle avec la collaboration de Cléo Duplan

Lumières : Éric Schoenzetter

Musique : Antonio Tules

Distribution : Juliette de Laroque, Éva­Léa Le Roux, Benjamin Lhommas, Laurie­Anne Macé,

Félix Roulière,Samantha Wrona

Photos : Donatien Aubert